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Connaissez-vous la version capitaliste de la répartition des richesses ? Bien sûr, parce que vous vivez dedans et que vous avez déjà sûrement largement constaté que l’argent est mal distribué.

Et l'oscar de la meilleure ouverture de porte ouverte est attribué à...

Ok, mais attendez.

Pour avoir plus d'argent, en général, il faut avoir... de la chance ! Et oui. Laissez-moi vous emmener dans le (pas) beau monde du capitalisme avant de le comparer au magnifique monde organique (pas très loin de "orgasmique" tiens oO).

(Ahah l'économie orgasmique, ça vendrait xD)

La chance du capital

Comme disait maman, la vie, c'est un peu comme lancer un dé à 20 faces à la naissance:

“Ah… Justin tu as fait un 5. Et bien, bonne chance dans ta famille de 7 enfants avec des parents sans emploi et assez fans de drogue. Amuse toi bien dans ton appartement de 38m² de HLM.”

Et là, vous vous dites “Ça pour un 5 ? Mais que donnerait un 1 alors ?”

Mais c’est très simple :

“Ah, machine (elle n’a même pas de prénom): tu as roulé un 1, tu es née en Syrie. J’en dis pas plus pour ne pas spoiler, mais bon courage pour trouver à manger et garder ta virginité.”

Et de l’autre côté du spectre, nous avons bien sûr:

“Oh, beau lancé Edouard, avec ce 18 tu entres directement comme héritier de la 34ème fortune mondiale, on se retrouve au terrain de croquet !”

Cela dit, je vous vois venir me parler de toutes celles et ceux qui se sont faits sans aide, ces self-made men ou women qui, de la sueur de leur front et en partant de rien, ont bâti tout un empire de milliards de dollars.

“Là, c’est la classe et pas la chance. Qu’est-ce ‘tu vas faire Gus, hein ?”

Et bien, en réalité, là aussi il se trouve que ce n’est que de la veine (Tin tin tin !). Si l’on pouvait regarder la vie de ces “réussites” dans le détail, on observerait qu’à un moment donné il y a une idée, une rencontre, un contexte qui est tombé au bon moment. Et c’est la contraction de certains éléments de la vie qui permettent à certaines personnes disposées de devenir millionnaires ou, pourquoi pas, milliardaires.

Einstein dans les favelas n'aurait surement pas eu l'occasion de développer la théorie sur la relativité, par exemple. Encore moins la faire connaître et certainement pas se faire connaître lui-même.

Bien sûr, on pourrait dire que c’est une énorme quantité de travail qui a fait le résultat, mais ce serait mentir. La personne qui travaille à l’usine, faisant des horaires de fou pour un salaire de misère, fournit, au cours de sa vie, cette même quantité de travail colossale ; elle ne devient pas riche pour autant. Pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas eu, à un moment donné, la chance de pouvoir rencontrer quelqu’un qui lui serve de levier. Parce qu’elle n’est pas née avec une pugnacité ou une détermination sans limite (ou une cuillère d’argent dans le uc).

Mais même si ce n’était pas de la chance (alors que ça l’est) et que c’était en effet du mérite (bien que ce ne soit pas le cas), cela doit nous rappeler que pour un ouvrier devenu millionnaire, par exemple, des millions d’ouvriers ne le sont pas devenus. Ce qui ne serait d’ailleurs pas possible, voire pas souhaitable. En effet, si la théorie du “mérite” était juste, cela voudrait dire que tous les ouvriers méritants pourraient devenir millionnaires. Sauf que, si c’était le cas, ils le deviendraient presque tous.

Et si un jour tous les ouvriers sont millionnaires, ne vous emballez pas, c’est simplement que nous aurions vécu une récession cataclysmique.

“Bonjour, une baguette s’il vous plaît. - Bien sûr, ça fera 34 mille euros. - Ah ! Ça a augmenté non ? - Un chouyah oui.”

Tout ça pour dire que l'on peut être aussi intelligent et méritant que l'on veut, ce qui fera de nous quelqu'un de riche, c'est une grande part de chance.

Changer le capitalisme

Comprenant cela, le biais classique, je vous le donne en mille, est de vouloir “corriger le capitalisme”.

“C’est pas de sa faute s’il me frappe. Et puis il m’a promis que c’était la dernière fois.”

En fait, le capitalisme est un état de fait. Ce n’est pas une construction volontaire de l’humain. Le capitalisme est en réalité la conséquence naturelle et spontanée de la monnaie réserve de valeur (à savoir qu’on peut la stocker aussi longtemps qu’on le souhaite alors qu’elle ne prend pas de place; contrairement à 3 tonnes de tomates qui occupent un hangar et moisissent en deux semaines).

Donc je veux bien qu’on imagine que le combat politique soit la voie à suivre. Mais il faut être assez naïf, si ce n’est idiot, pour ne pas voir que les victoires socialistes d’après guerre, par exemple, n’auront été que temporaires et finissent elles aussi par s’étioler et disparaitre.

Ce que je veux dire, c’est qu’en conservant le système et en luttant en son sein, tout n’est qu’éphémère. Enfin, surtout les éléments en faveur de l’humain, de l’environnement, de la biodiversité et de la lenteur. Mais quoi qu’il arrive, la nécessité de profit finit toujours par tout détruire.

Pour le dire autrement : on peut mettre une muselière au berger allemand dressé pour tuer, ça n’empêche que le jour où il ne la portera plus, il mordra à nouveau.

C’est inéluctable.

Quand la monnaie est éternelle, il est par construction possible qu’un individu ou un groupe décide de la stocker. Et même d’en accumuler un maximum. Mais alors, toute cette monnaie accumulée et planquée ne peut plus être utilisée par les autres. Ce qui fait qu’en étant au bon endroit, en ayant les ressources au bon moment, on peut récupérer beaucoup d’argent. Et comme cet argent ne transite plus, cela handicape les autres qui ont moins d’argent avec lequel échanger.

Mais nous ne sommes pas là pour parler du capitalisme. Parce qu’on le connaît, on y vit. Non, on veut savoir comment ça se passe en économie organique.

Dans l’économie organique

Dans l’économie organique, les choses sont tout à fait différentes. Oh que oui !

Avant tout, il faut peut-être que je vous rappelle comment apparaît l’argent en organique. Contrairement au capitalisme, où les banques fabriquent l'argent (parce que ce sont à elles seules qu’on a accordé ce droit), en organique ce sont les citoyennes et citoyens qui créent la monnaie.

Chaque citoyen a une sorte de “livret” qui est initialement vide. Quand ce livret, qu’on appelle l’expérience économique est vide, le citoyen crée (tout de même) 1 unité de monnaie par jour (appelons ça des cookies ici, parce que j'ai faim).

Quand une citoyenne paye un citoyen, elle le paye avec ses propres cookies. Ceux créés grâce à son livret, comme si elle touchait des intérêts sur son “capital”. Notre analogie aidant, les cookies sont alors “mangés” par le citoyen, c'est-à-dire qu’il met les cookies reçus dans son expérience économique, le fameux livret.

Au fur et à mesure que la quantité de cookies dans son expérience économique augmente, il crée plus de cookies chaque jour. Et attention, ce livret, l’expérience économique, on n’y touche pas. Je veux dire qu’on peut (et même doit) y mettre tous les cookies qu’on reçoit via des paiements, mais on ne peut jamais retirer de cookies de ce livret. Les seuls cookies dont un citoyen dispose pour faire ses achats sont ceux générés par son expérience économique.

Enfin, dernier point de rappel : la monnaie organique est périssable. Après 30 jours, si une citoyenne n’a pas dépensé un cookie, il part directement dans sa propre expérience économique (on ne va pas gâcher, s’il me reste un cookie, je le mange).

Si vous ne comprenez toujours pas bien le fonctionnement de la monnaie organique, vous pouvez aller voir cette page ou participer à un atelier de découverte en envoyant un mail sur la page contact.

Cette monnaie a plusieurs conséquences incroyables.

La première est que la monnaie est souveraine : les citoyennes et citoyens la créent eux-mêmes, pas besoin d’un supérieur (la banque) pour le faire. Ainsi, il n’y a pas un énorme robinet central qui crée la monnaie. Ce qui évite qu’il n’y ait de grosses bouches qui boivent le plus gros de l’eau de ce robinet. A la place, nous avons tous un petit robinet, indépendant des autres. Et donc personne pour nous empêcher de “boire à la source”.

La seconde est qu’on ne peut pas accumuler la monnaie, étant donné qu’elle périme. Certes, il est possible de faire grossir son livret pour gagner au maximum, mais ce n’est jamais au dépend des autres car leur robinet à eux fabriquera toujours des cookies (oh là je mélange les analogies).

Une dernière chose que je ne vous ai pas dite : notre fameux livret, l’expérience économique, a un taux qui croît de manière logarithmique. Et ça, ça ! C’est vraiment incroyable. Tellement incroyable que je vais vous parler de l’homme le plus riche du monde.

L’homme le plus riche du monde

Si Elon Musk accumulait autant de monnaie organique qu'il ne l'a fait en ancienne monnaie (à savoir 726 milliards de dollars en 2026) , il créerait alors 8.987 cookies par jour, soit un revenu mensuel de 269.610 cookies. Quel appétit, c'est énorme !

Mais ce n'est rien comparé aux 280 millions mensuels actuels. Après un an, en euros, il aurait 3,36 milliards en plus sur son compte. Alors qu'en économie organique, il aurait toujours, au maximum, 269.610 cookies sur son compte, en sachant qu'il est hautement improbable que quiconque atteigne ces sommets.

Néanmoins, amusons-nous à faire une expérience de pensée : l'homme le plus riche du monde en économie organique. Pour cela, je tire le trait à son maximum en considérant que l'ensemble de l'humanité, rien que ça, paye toutes ses unités de monnaie citoyenne et d'investissement à un seul et unique citoyen pendant ... 50 ans! En posant un revenu quotidien moyen de 60 cookies par jour, il recevrait un total de monnaie tel que :

50 * 365 * (60 + 60) * 7.000.000.000 = 15,33.10¹⁵

Quinze millions de milliards de cookies, ça en fait ! Ce qui lui offrirait un revenu quotidien :

15,33.10¹⁵^(1/3) = 218 416 cookies

Ainsi, l'homme le plus riche du monde créerait 218.416 cookies par jour, soit 7.452.480 par mois. C'est à la fois colossal et ridicule. Colossal parce qu’on parle ici d'un revenu insensé, particulièrement dans le référentiel de l'économie organique. Mais ridicule car, malgré la soumission de la planète entière à une seule personne pendant tout un demi-siècle, ce montant reste la valeur maximale disponible sur son compte, ce qui n'est finalement pas si impressionnant. C’est même moins qu’Elon Musk oO.

On peut mettre ce revenu en rapport avec les autres :

218.416 / 60 = 4.140

Le ou la plus riche du monde, après 50 ans d’esclavagisme mondial, ne crée finalement « que » 4.140 fois le revenu moyen. Et ce qui est en revanche extraordinaire, c'est qu'après ces 50 ans, si chaque citoyenne et chaque citoyen du monde cesse de dépenser et d'investir ses monnaies pour cette personne, ils ont tous, à nouveau, leur revenu quotidien qui leur permet de vivre, laissant au riche un pouvoir économique bien réduit sur les autres. Ce fameux riche aurait en effet un pouvoir économique s'élevant à 248.416 cookies par jour, là où le reste de la population, soit sept milliards d'individus, créerait au total :

7.000.000.000 * 60 = 420.000.000.000

Sachant que, dans l'économie ancienne, les 1% les plus riches possèdent 50% des richesses, en économie organique un individu incommensurablement riche n'aurait que 248.416/420.000.000.000 = 0,00000059% des richesses mondiales.

On peut même aller encore plus loin en imaginant que, tous les citoyens ayant cessé leur transfert au plus riche du monde, celui-ci verse néanmoins tout ce qu’il créé à son seul et unique descendant de plus de 18 ans pendant encore 50 ans. Ce dernier recevrait alors, au cumul :

50 * 365 * 248.416 = 4.533.592.000

Ce qui lui donnerait une quantité de monnaie créée chaque jour :

34.533.592.000^(1/3) + 1 = 1.656

Ce qui signifie que, après 50 ans à recevoir de la part de la personne la plus riche du monde l’ensemble de sa monnaie créée quotidiennement, cela amène le « légataire » à créer déjà 150 fois moins que lui. Cela veut dire que même s’il était possible de créer une incommensurable fortune, celle-ci serait réduite à peau de chagrin en une seule génération.

Conclusion

Déjà, il semble m’être impossible de faire un article “court”. Oupsi.

Néanmoins, celui-ci vous a montré à quel point l’économie organique change les rapports de force économiques. Elle empêche naturellement que les écarts ne se creusent trop.

Aussi, même dans le cas improbable d’une accumulation par une seule personne, le pouvoir centralisé reste ridicule par rapport à la masse populaire.

Tout ça, SANS LE MOINDRE CONTROL.

Vous ne l’avez peut-être pas remarqué, mais aucune structure ne contrôle, ne taxe ni ne ventile quoi que ce soit. La monnaie organique est, par construction, juste.

Il n'y a pas besoin de croiser les doigts pour qu'une politique dite "de gauche" soit mise en place par l'état. Il n'y a pas besoin de mettre en place une coûteuse administration pour contrôler et sanctionner les usagers. Il n'y a même pas besoin d'avoir recours au moindre impôt ou à la moindre taxe.

C'est beau !

Cela implique également qu’il n’y a pas de possibilité de détournement, de triche. Et, encore une fois, sans surveillance. Simplement parce que la logique monétaire change et qu’elle est, dans son essence, auto régulatrice.

Je pourrais encore vous en faire des tartines, et en ce qui me concerne je trouve ça passionnant. J’espère que vous aussi. Mais je pense que j’en ai assez dit pour aujourd’hui.

Alors je vous fais des bisous et vous dis à bientôt.

Et si vous avez des questions, posez-les !

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